Commentaires de stage au Guatemala.
Par Marc-Antoine Poulin, Québec, Canada, volontaire au ¨Projet Canada Amistad ¨

En étant le pays à la plus forte concentration de Mayas, on sent tout de suite que le Guatemala projette une image différente des autres pays d’Amérique centrale. Une image fortement intéressante, colorée et attrayante. On sent que le côté traditionnel des gens est fort et que le mode de vie des Mayas à su se refléter dans celui des Ladinos, bien que ces ''Ladinos'' ont tendances à « s’américaniser », c’est quand même moins important qu’ailleurs en Amérique latine. Toutefois, la division « moitié-moitié » entre les Ladinos et les Mayas à causé des problèmes au pays et continue encore aujourd’hui à entretenir des dissidences entre les deux peuples, tant au niveau social, économique et politique. Espérons que la fin de la Guerre civile signée en 1996 ramènera auprès des fragiles mayas leur confiance en eux-mêmes. Je souhaiterais aussi une prise de conscience des gens et des autorités face à la pollution de l’air et du sol du Guatemala.

Pays de contradictions, on retrouve une Porsche flambant neuve à la capitale d’un fils de propriétaire de commerce riche et dans un petit village de l’Altiplano on retrouve tous les problèmes reliés à la pauvreté. Selon l'UNESCO 80% des enfants indigènes soufrent de la faim chronique. On retrouve une femme maya avec sa bouteille de coca-cola en train de tisser à la manière de ces ancêtres lointains. Ou mieux, on retrouve cette même Maya à Tikal Futura (ville de Guatemala) au McDonald, partie de l’Altiplano pour venir chercher un travail à la capitale. On passe de la Zona 10 à une autre zone où les gens vivent en bidonville au travers d’un ravin, où je n’ai jamais osé y mettre les pieds. Autre contradiction : bonté, tranquillité et timidité des guatémaltèques en région Vs la violence et délinquance à Guatemala City. On se sent tellement en confiance avec la bonté des gens ici, mais toutefois, nous les voyageurs nous nous faisons casser les oreilles avec le danger de l’Amérique centrale alors… Le silence des gens fait contraste avec les cris des « ayudantes » dans les bus, avec le bruit des bus, avec les cris des klaxons, avec ces vendeurs de « toutes sortes de choses » dans les bus. Ici on traitera d’abusifs ces jeunes garçons qui sortent le soir avec leur copain parlant le langage « de la rue » aimant bien une certaine cerveza ''Gallo''. Ces gens font bien contrastes avec les évangéliques, mayas et même plusieurs catholiques qui ne boivent jamais ou ne sorte jamais après la tombée du jour à 18h00. Les contrastes se font également sentir dans la variété de la géographie et des climats du Guatemala.

Une des premières choses qui m’ont frappé en arrivant ici c’est le costume traditionnel fort coloré des femmes. Mais quelle beauté de voir ces femmes mayas si joliment vêtues de leur costume auquel elles sont si fortement attachées. Bravo aux villes comme Sololá, Santiago de Atitlán et Todos Santos Cuchumatanes où l’homme porte toujours son costume traditionnel fort joli aussi. J’ai aussi été surpris par l’importance des technologies dans ce pays : présence accrue des cellulaires, télévisions, Internet, etc. Épaté aussi par l’abondance musicale et la danse qui caractérise les Latinos.

En plus de la beauté de la culture maya, un autre point fort de ce pays se retrouve au niveau des paysages et richesses naturelles à couper le souffle. Incroyable ces volcans, ces ravins, ces montagnes, ces lacs, cette végétation, cette faune. Je suis surpris aussi des différences de climats à travers du pays : savane, jungle, forêt tropicale humide ou sec, etc.

Caractériser le Guatemala en un mot? DIVERSITÉ! En effet, la diversité de ses peuples (23 ethnies et langues différentes), la diversité de ses climats et sa géographie compliquée et montagneuse donne un caractère coloré à ce magnifique petit pays.

Si les Américains s’amusent à sous-estimer les Mexicains, les Mexicains s’amusent aussi à sous-estimer les Guatémaltèques. Ce qui est dommage dans tout cela est de constater que ce cher peuple, si souvent en retard, vénère beaucoup trop les Américains avec un seul désire qui est d’aller travailler là-bas avec en tête cet « American dream » trop surestimé, où l’argent fait le bonheur. Ce qui nous laisse, nous les voyageurs provenant de riche pays, avec un sentiment d’impuissance, sans solutions à court terme pour ces gens qui sont encore loin de gagner nos salaires. Mais qui pourtant paraissent si heureux, plus que nous, riches en matériel.

Au cours de mes deux voyages, (total 11 mois au Guatemala et 1 mois ailleurs en Amérique centrale), j’ai trouvé que le Guatemala est plus conservateur que ces voisins. Je trouve ça bien, c’est une belle qualité pour un peuple. Les gens sont vraiment aimables, bons, souriants, plutôt timides ici. Tout le monde vous dit Bonjour dans la rue. Autre fait coquasse du peuple, en vous croisant dans la rue, ils vous regardent longtemps dans les yeux. Cela n’a rien de méchant, mais c’est qu’ils aiment bien se comparer ou juger les autres ayant toutefois une bonne tolérance envers les touristes étrangers. Ils sont plutôt pudiques, le moins possible ils vont se montrer la peau. La famille est aussi quelque chose de fort important ici.
Tant qu’à moi, qui a longuement réfléchi à savoir si je viendrai vivre m’établir réellement ici, je me sens plus rebelle que les habitants. Ce pays est trop tranquille et traditionnel pour moi. Bien que j’ai appris à être tolérant ici, j’ai toujours de la difficulté à endurer les reflets de la pauvreté : pollution constante, impuissance face à la malpropreté de l’environnement, aboiements des chiens errants, lenteur du système.
Il est certain que cette expérience m’a amené à modifier ma façon de voir la vie. C’est certain que je me rends compte que mon pays est très riche et comporte un bon système et une chance égale pour tout le monde de bien gagner sa vie, bien que nos valeurs occidentales restent fortes discutables. Pourrai-je revenir à mon ancienne vie? Impossible. Il faut apprendre à tirer profit de cette nouvelle perspective pour améliorer notre manière de vivre une fois revenu au pays natal. ''On ne revient pas du Guatemala comme on était avant....''.

et quelques mois plus tard j'ai marié une Guatémaltèque........

 

Toute l'équipe du Projet Amistad souhaite à Sylvia et à Marc Antoine nos voeux de bonheur et de nombreux enfants.......

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